Quand la queue balance, le chien est content !

C'est faux ! Un chien qui remue la queue n'est pas forcément un chien joyeux, heureux ou content. Le mouvement de la queue est un signe d'excitation, d'émotivité montante qui peut être positive ou négative.


La queue du chien est probablement l'une des parties les plus expressives de son corps, juste avant ses oreilles.

La signification de la communication de la queue du chien dépend de nombreux paramètres et variations :

  • la fréquence des mouvements ;

  • l'amplitude des mouvements ;

  • le positionnement de la queue ;

  • l'interactions inter ou intra-spécifique ;

  • en liberté ou dans un enclos.

Couper la queue d'un chien revient à couper la langue d'un humain. C'est le priver d'un moyen de communication essentielle à son espèce !



Bon à savoir :

  • Lorsque la queue d'un chien est dans sa position naturelle, elle vous dit : "Je suis bien. Tout est cool!" ;

  • Quand la queue d'un chien est haute et tendue, le chien devient plus assertif. Le message qu'il envoie est : "Attention à ce que tu vas faire!" ;

  • Si la queue du chien est entre ses pattes, il envoie le message : "Je ne veux pas de conflits" ;

  • Plus la queue bouge vite, plus l'énergie positive ou négative est élevée ;

  • La relation entre l'état émotionnel, l'état de tension de l'animal, la position et les mouvements de la queue est indéniable.


gif



Plutôt à droite ou à gauche ?

Attention aux fake news !





D'après les éthologues italiens, QUARANTA, SINISCALCHI et VALLORTIGARA (2007), si les battements de la queue du chien tendent vers la droite, cela renvoie à des émotions positives, un ralentissement du rythme cardiaque et des postures plus détendues.

À l'inverse, lorsqu'un chien bat de la queue vers la gauche, c'est le signe que son hémisphère cérébral droit prend l'ascendant et que les émotions négatives ou hostiles sont en oeuvre. Son rythme cardiaque s'accélère et il présente des signes de stress.

En bref : droite = positive et gauche = négatif


Or, dans cette étude, les stimuli sont considérés d'un point de vue humain et non par rapport à la résultante de l'interaction. Ainsi, les situations positives sont : l'humain, un humain inconnu et un chat. Les situations négatives sont : un chien qualifié de "dominant" et l'absence de stimuli.


En 2009, le Dr. BOUVRESSE effectué une étude éthologique expérimentale sur les battements de la queue du chien.

Les amplitudes de battements, la position de la queue et l'asymétrie du mouvement sont significatives si l'interaction est inter ou intra-spécifique. En effet, lors d’une interaction inter-spécifique la queue bat davantage vers la droite alors que lors d’une interaction intra-spécifique celle-ci bat davantage vers la gauche.


Cependant, d’après cette étude, les expérimentateurs n’ont pu mettre en évidence une asymétrie du battement de la queue (battement plus à droite ou plus à gauche) en fonction de la positivité, neutralité ou négativité de la situation (issue de l’interaction).


Cette asymétrie significative du battement de la queue, amène donc à penser sur les structures neurologiques impliquées pourraient être latéralisées.

« Un cerveau est considéré comme asymétrique si un côté est structurellement différent de l’autre et / ou qu’il effectue des tâches différentes » (Bisazza et al., 1998).


  • Chez l’humain, l’hémisphère cérébral gauche serait le siège du langage pour la majorité des individus alors que l’hémisphère droit serait surtout consacré aux fonctions émotionnelles et spatiales.

  • Chez les animaux, il est souvent défini que l’hémisphère droit serait celui de l’attention et des réactions rapides (fuite devant prédateur) et que l’hémisphère gauche contrôlerait les réponses demandant une analyse plus fine des stimuli (Villortigara, 2000).


Conclusion de l'étude :

On pourrait supposer alors que les mouvements de la queue du chien soient eux aussi générés par un centre médullaire autonome (relatif à la moelle épinière au sein du système nerveux), ce qui serait cohérent avec son caractère involontaire, et que l’amplitude de ses mouvements soit régulée par des boucles de rétrocontrôle des voies afférentes et / ou de centres cérébraux liés à l’émotion. Cette hypothèse permettrait d’expliquer une certaine coordination des mouvements de la queue avec la démarche d’un chien, même si pour l’affirmer il faudrait expérimentalement définir quelle est la part de mouvements actifs et passifs de la queue lors de la marche.



SOURCES


- QUARANTA A., SINISCALCHI M., VALLORTIGARA G.: Asymmetric tail-wagging responses by dogs to different emotive stimuli. Curr. Biol., 2007, 17, R199‐R201.


- SINISCALCHI M., SASSO R., PEPE A.M., DIMATTEO S., VALLORTIGARA G., QUARANTA A.: Sniffing with the right nostril: lateralization of response to odour stimuli by dogs. Anim. Behav., 2011, 82, 399‐404.

- SINISCALCHI M., SASSO R., PEPE A.M., VALLORTIGARA G., QUARANTA A.: Dogs turn left to emotional stimuli. Behav. Brain Res., 2010, 208, 516‐521.

- BOUVRESSE A. : ETUDE ETHOLOGIQUE EXPERIMENTALE DES BATTEMENTS DE LA QUEUE CHEZ LE CHIEN DOMESTIQUE, Canis familiaris. 2009

30 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout